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Plus de 600 cas de viols et violences sexuelles enregistrées par le centre Seruka

BUJUMBURA, 12 sept (ABP) – Quelque 606 cas de viols et violences sexuelles et basées sur le genre ont été enregistrés au centre Seruka de Bujumbura (photo) pendant le 1er semestre 2017, au moment où en 2016, le centre a accueilli 1 288 cas de victimes des mêmes violences, a-t-on appris sur place lundi le 11 septembre 2017.
Sur les 606 victimes de viols et violences sexuelles, 85 sont des enfants de moins de cinq ans. Les enfants âgés de cinq à 12 ans sont au nombre de 187. Les victimes âgées de 13 à 17 ans sont au nombre de 162. Celles âgées de 18 à 45 ans se chiffrent à 170. Deux victimes ont plus de 45 ans. 32 sont des victimes de sexe masculin, tandis que les victimes de sexe féminin sont au nombre de 574.
431 parmi ces victimes ont été agressées par des civils connus (membres de la famille, domestiques, voisins et autres personnes connues par la victime comme les connaissances de l’école). Quelque 152 victimes ont été agressées par des personnes qu’elles n’ont pas reconnues. Quatre ont été agressées par des hommes armés connus, quatre autres par des hommes armés non connus. L’on ne dispose pas d’informations sur les auteurs pour 27 cas parce que les victimes sont des enfants en bas âge qui n’ont pas encore le langage, ou des personnes qui ont des problèmes psychologiques.
Il y a des personnes qui ne savent pas qu’il y a des violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) infligées à la population, a déploré Mme Gloriose Makuza, chargée du programme de renforcement des capacités en matière des VSBG. Elle appelle les gens à prendre conscience que les VSBG est une réalité au Burundi, à s’impliquer davantage dans la prévention et à s’œuvrer pour le changement de comportement. La cause profonde des VSBG sont les normes sociales qui confèrent plus de pouvoir aux hommes et qui engendrent des violences basées sur le genre, a-t-elle fait remarquer, invitant tous les services à faire de leur mieux pour offrir une prise en charge de qualité aux victimes.
Le fléau de VSBG affecte aussi les personnes du fait d’accueillir quotidiennement des cas très graves qui font mal au cœur. Elles finissent par vivre la même chose que les victimes et peuvent développer certains symptômes de traumatisme comme la fatigue et le manque d’appétit. Elles recourent à leur tour à des consultations des psychologues.
Un autre problème, c’est que les filles mineures ont des grossesses non désirées. Elles ne bénéficient pas de soins gratuits au moment de l’accouchement parce qu’elles n’ont pas encore l’âge d’avoir des cartes nationales d’identité. C’est le centre Seruka qui prend en charge leurs soins.
Le centre Seruka offre aux victimes des VSBG une prise en charge médicale, psychosociale et juridique. Il dispose en outre d’une capacité d’accueil de 20 lits qu’il offre aux victimes comme abri de protection. Généralement, les victimes peuvent y passer au maximum trois ou quatre jours pour des raisons de sécurité, médicales ou de suivi psychologique. D’autres victimes y passent la nuit à cause de la distance qu’elles mettent pour arriver chez elles le même jour. Les jeunes filles domestiques victimes de viol ou dont le contrat de travail a été rompu peuvent y loger en attendant leur intégration familiale.
Les victimes les plus nécessiteuses reçoivent quelques aides en vivres à consommer pendant la période de prise de médicament, quelques habits et un kit bébé.


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