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Un nouveau-né dans le paysage syndical des enseignants

BUJUMBURA, 10 août (ABP) – « L’éducation est une influence exercée sur l’individu ou sur une collectivité, en vue de guider son intelligence, son caractère, son mode de vie et l’amener à penser dans la logique tracée par l’éducateur », a déclaré M. Gérard Niyongabo, mercredi 9 août 2017, dans son allocution prononcée lors de l’ouverture solennelle du Syndicat des enseignants professionnels de l’éducation (SEPEDUC).
En effet, a-t-il indiqué, ce syndicat s’inscrit dans la logique de défendre les droits et intérêts des membres, en luttant pour la promotion du travail décent. Son action intervient au moment du processus d’ajustement salarial, phase préparatoire de l’harmonisation des salaires des fonctionnaires, a-t-il signalé.
Selon toujours M. Niyongabo, beaucoup de questionnements des enseignants sur ce processus ont été parmi les motivations de la création du SEPEDUC. Certes, l’étape déjà franchie est à soutenir même si des tendances pro démo se font remarquer pour certaines catégories, a-t-il dit, ajoutant que ledit processus a été initié grâce à des multiples revendications des syndicats, avec un objectif de réduire les disparités salariales et assurer l’équité entre les fils et filles du pays.
Il a fait en outre remarquer que les injustices qui prévalent dans le processus d’ajustement salarial sont un secret de polichinelle. Le SEPEDUC considère que, pour aboutir à la plénitude de l’harmonisation salariale, toutes les parties prenantes doivent s’asseoir ensemble et élucider toutes les formes d’injustices orchestrées dans les textes légaux et réglementaires, généraux et sectoriels. Il demande en outre la révision de la loi portant équivalence des diplômes et rétablir les détenteurs des diplômes de trois ans dans la catégorie de direction. Il demande aussi de reconsidérer l’ordonnance ministérielle portant équivalence des diplômes de cinq ans universitaire au master professionnel.
Face à la détérioration des conditions de vie en général, à la flambée exponentielle des prix sur le marché, au favoritisme et au profit de certains fonctionnaires tel que démontré à priori, la vie et la dignité des enseignants ont été mises en brève. Le traitement salarial influence donc la vie des fonctionnels, mutatis mutandis, la qualité du service rendu, a estimé ce jeune syndicaliste.
La politique de scolarisation pour tous a créé un manque criant du personnel enseignant et cela reste un grand défi dans pas mal d’écoles. Les effectifs en classes sont pratiquement insupportables : la classe qui devrait accueillir 50 élèves compte aujourd’hui environ 100 élèves. L’enseignement privé est alors devenu un monde des affaires juteuses où l’enfant est pris comme marchandise, la qualité de la formation et éducation dans son sens global étant léguées au dernier plan, a-t-il poursuivi.
Étant donné que le secteur de l’éducation est chaque fois cité comme clé au développement, le gouvernement devrait en témoigner la volonté et la réalité, a-t-il conclu.
Signalons que le SEPEDUC est le 7ème syndicat des enseignants qui voit son éclosion.


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