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Les habitants de Bujumbura appelés à combattre vigoureusement la corruption et la fraude

BUJUMBURA, 6 juil (ABP) – Le président du Sénat, M. Révérien Ndikuriyo, a tenu mercredi le 5 juillet 2017 une réunion à l’intention des cadres, natifs et habitants de la ville de Bujumbura au cours de laquelle il les a appelés à combattre vigoureusement la corruption et la fraude.
M. Ndikuriyo a rappelé que cette campagne de lutte contre la corruption s’inscrit dans la continuité de la campagne « tolérance zéro contre la corruption » lancée, il y a quelques années, par le chef de l’Etat, M. Pierre Nkurunziza.
Le paiement des taxes et impôts a permis au gouvernement burundais de tenir malgré la suspension de l’aide par certains partenaires techniques et financiers. Les rentrées de l’Office burundais des recettes (OBR) se sont doublées, a dit M. Ndikuriyo, qui a invité tout le monde à veiller à ce qu’il n’y ait aucun produit d’exportation qui traverse les frontières frauduleusement. Si, par exemple, le café part clandestinement, c’est un manque à gagner au niveau des devises qui servent dans l’importation du carburant, des médicaments et des engrais chimiques, a-t-il dit. De plus, ceux qui font le commerce illégal bénéficient de la complicité des uns et des autres qui laissent passer des marchandises frauduleuses, après avoir perçu des pots de vins.
« Nous devons tendre vers zéro corruption », a insisté M. Ndikuriyo, en demandant à tous les chefs de collines du pays à utiliser les téléphones accordés par le gouvernement dans la lutte contre la corruption et la fraude. Il a fustigé l’attitude de certaines personnes fautives qui recourent au terme « ça vient d’en haut (Vyavuye hejuru en kirundi) » pour échapper à l’application de la loi dans différents domaines. Il a demandé qu’on appréhende et qu’on mette en prison toute personne qui évoque ce terme.
Le président du sénat a, en outre, insisté sur la délimitation de la ville de Bujumbura pour protéger la plaine cultivable. « La capitale burundaise s’étend sur un sol très fertile dans une plaine qui peut nourrir tout le Burundi. Il faut réorganiser la ville pour laisser à nos enfants et petits-enfants un pays prospère comme nos parents nous l’ont légué. Nous sommes des locataires ici, et très peu de Burundais atteignent 90 ans. C’est inacceptable de continuer à agir comme si nous n’avions pas de vision », a-t-il souligné. Il a appelé à arrêter la viabilisation dans cette ville, à démolir les maisons construites dans des zones protégées et, s’il le faut, accorder des indemnisations, construire plutôt en hauteur et mettre en œuvre le déplacement de la capitale politique vers Gitega (centre du Burundi). Il a félicité l’ancien ministre de l’Environnement Nibirantije qui a osé démolir des immeubles construits dans des espaces interdites.
La vice-présidente de la CNTB (Commission nationale des terres et autres biens), Mme Odette Kayitesi, a fait savoir qu’aux environs de la zone Kinama (nord de la ville de Bujumbura), des maisons et des industries sont en train d’être érigées sur des infrastructures d’irrigation d’un périmètre rizicole aménagé avec l’appui de la FAO.
Le président du Sénat a, en outre, appelé la population à protéger les biens des personnes qui sont aujourd’hui à l’exil. Actuellement, a-t-il noté, on reproche au Burundi de spolier ces biens en forçant les gens restés sur place à les vendre. Le risque est que même ceux qui auront vendu volontairement ces biens pourront dire demain qu’on les a forcés. D’autres peuvent recourir au faux et à l’usage de faux pour vendre des choses qui ne leur appartiennent pas.
M. Ndikuriyo, qui a dit qu’on n’acceptera plus des procurations en la matière, a demandé aux réfugiés qui veulent vendre leurs biens de rentrer au pays pour faire cette transaction.
Le maire de la ville de Bujumbura, M. Freddy Mbonimpa est lui aussi revenu sur les effets néfastes de la corruption et de la fraude. Selon lui, ces deux maux ternissent l’image d’un pays et empêchent la mise en œuvre des programmes et projets du gouvernement. Ils portent atteinte aux intérêts de l’Etat et de la population. Ils constituent des obstacles au développement des commerçants honnêtes suite à la concurrence déloyale. Les fonds destinés au trésor public renflouent les poches de certains individus.
Le commissaire général de la brigade anti-corruption a déploré la présence de plusieurs personnes sur les barrières se trouvant à l’entrée de la capitale dans l’optique de collecter des taxes alors qu’ils n’ont pas ces compétences, ce qui favorise la corruption et la fraude. Cela doit être arrêté, a-t-il martelé, rappelant que cette mission revient exclusivement à l’OBR.
Cette visite du président du Sénat dans la ville de Bujumbura fait suite à celle effectuée en 2015 qui était centrée sur le rôle des élus du peuple dans la sauvegarde et la consolidation de la paix. Il a remercié les habitants de Bujumbura pour leur contribution dans la consolidation dans la paix, qui est aujourd’hui une réalité.


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